Les trois légendes du haricot de Soissons (légume)

 La légende du Guetteur de la Cathédrale


A la fin du 19ème siècle le guetteur nommé Le Paon  ne quittait pas le haut de la Tour,                              
 il surveillait la ville et les incendies  tout en exerçant son artisanat de cordonnier. 
Ce fonctionnaire municipal  savait beaucoup de choses mais ce fatigua de l’aridité de sa plate-forme  de pierre.
Il l’égaya en semant des haricots (de Soissons) dans des caisses, placées le long des garde-fous.
Ses plantations volubiles s’accrochèrent à la rampe et couronnèrent la Tour  de la Cathédrale d’une verdure étonnante, 
qu’on prenait plaisir à aller voir. « C’est du vrai Soissons » disait-il à ses visiteurs !. Et moins plaisantin que poète naïf il ne manquait jamais d’ajouter :    
   « Dieu créa la fleur et lui dit Sois Rose !..                                                                                                         
     Il créa le Haricot et lui dit Sois Son !...                                                                                                                
     et va en  Paix !... ». (Pets)
Le guetteur distribuait aussi des grains récoltés aux touristes généreux dans des petits sachets en jute confectionnés pendant ses heures de loisirs.     
Tout près de la Cathédrale 7 place Mantoue se trouvait un confiseur Mr Brultet (maison fondée en  1815). Ce dernier s’intéressa à notre guetteur et à ce qu’il faisait,
il mit au point une petite *machine  pour fabriquer des bonbons qui sont devenus la spécialité Soissonnaise . 
L’histoire ne dit pas si l’inventeur partagea les bénéfices avec notre sympathique guetteur, qui disparut  de la tour en 1907.
*( machine visible au musée de Soissons  offert à la ville de Soissons par
Mr Catrin  pâtissier-confiseur dernier possesseur de cette machine)



La légende du Haricot Jacquot de Soissons


Il existe à Soissons, une rue de la Paix, ainsi appelée parce qu'en 1728, la ville a acceuilli pendant plusieurs mois une conférence européenne qui devait décider de l'avenir de Gibraltar.
Parmi les diplomates qui se trouvaient réuni à Soissons, l'Espagne avait envoyé le marquis de Santa Cruz. 
Celui-ci avait pris en grande estime un jardinier de l'abbaye Saint-Léger, un certain Jacques, qui répondait au surnom de "Jacquot".
Les négociations traînant en longueur, le marquis de Santa Cruz fut rappelé par le roi d'Espagne. 
Mais avant de quitter Soissons, pour remercier Jacques le jardinier, l'Espagnol lui fit don d'un grand sac en cuir de Cordoue. 
Dans ce sac, Jacquot découvrit des haricots d'une taille énorme, beaucoup plus gros que ceux que l'on cultivait à l'époque dans le pays. 
Il s'empressa d'y goûter, les trouva fort bons et en planta l'année suivante.
Alors toute la ville et les environs se mirent à parler des haricots de Jacquot qui furent bientôt connus sous le nom de "gros Jacquots".
La paix de Soissons ne fut jamais signée, mais le haricot Jacquot de Soissons était né!


  Rue de la Buerie : La légende du haricot de Soissons


Rue de la Buerie, anciennement rue des Febves (fèves): là est l'origine de la légende du "haricot de Soissons".
Pendant la guerre de Cent Ans, une terrible épidémie de peste ravage la contrée.
LesSoissonnais survivants s'enfuient, emportant avec eux leurs récoltes. 
Mais, pendant la fuite, beaucoup ont perdu des graines de pois et de fèves. A leur retour, que ne trouvent-ils pas? 
Un champ couvert de fèves!
Grâce à l'humidité des berges du canal de la Crise, la récolte fut exceptionnelle 
et l'on nourrit sans peine toute la population. 
Ce haricot devenu célèbre est depuis lors dit "de Soissons".